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13 avril 2021 – par Maryvonne BIDAULT (CLP)

Des farines sur mesure au moulin Maréchal

Les meuniers de la minoterie entourent Sébastien Mignot (2e à partir de la gauche) Photo JSL /Maryvonne BIDAULT

Le moulin Maréchal, en activité depuis 1800 et utilisant l’énergie hydraulique de l’Arconce, fait partie du patrimoine local. Son propriétaire, Sébastien Mignot, perpétue la tradition d’une farine naturelle, secondé par trois meuniers. Rencontre.

Sébastien Mignot, comment est née votre passion ?

« Je suis né à Nevers mais j’ai grandi à Rully, près de Beaune. J’ai suivi une formation en biologie/chimie puis j’ai travaillé pendant 15 ans pour un grand groupe de la filière blé. Je voulais revenir à une relation plus humaine, proche de l’artisanat. J’apportais des conseils aux professionnels et j’ai eu l’opportunité de rencontrer le couple Brivot. Extraordinaires ! Jusqu’à près de 90 ans, ils ont tenu le Moulin. Comme je gardais l’identité “Moulin Brivot” et son savoir-faire respectueux de l’environnement et du produit, ils ont souhaité passer la main. Jamais je n’aurais imaginé acheter un moulin. Nous avons collaboré pendant 6 ans. Edmond Brivot était admirable, le meunier du village a une relation étroite avec ses clients ».

Comment votre activité s’adapte aux habitudes de consommation ?

« Je veux garder cet esprit à l’ancienne. Le lieu est apaisé, favorable à la rencontre. Le boulanger vient pour développer son identité, il ne prend pas notre nom. Ici tout est ouvert, notre but est d’aider chacun à travailler la farine qui lui convient. On mélange des variétés pour créer des farines pures, ça réveille la profession.

Je ne veux pas de Label, mais du concret. Nous avons mis en place “La filière Blé Brivot”. Nous sélectionnons les semences. Les parcelles, toutes à moins de 40 km, sont surveillées par satellites pour mieux connaître les besoins. C’est presque du sur-mesure. On apporte le support aux professionnels. On a des meilleurs ouvriers de France et des passionnés qui travaillent avec nous. Nos produits sont sans additifs, une seule farine est corrigée. Le moulin fonctionne avec la force hydraulique, sauf l’été : si l’étiage est trop bas, un moteur prend le relais ».

Allez-vous transmettre votre passion à vos enfants ?

« J’ai une jolie petite famille. Mon aîné de 18 ans s’oriente vers l’œnologie. Mes triplés de 15 ans viennent donner un coup de main de temps en temps au moulin, ils sont encore jeunes pour choisir un métier mais manifestent néanmoins un fort intérêt pour une continuité. J’essaye de leur transmettre mes valeurs. J’aimerais aussi mettre en place sur Saint-Yan une fête du pain pour partager le savoir-faire des professionnels ».